Nous revoici en été, période tant attendu par tous pour prendre un repos bien mérité. Certain préféreront les campagnes et jouir de l’aire pure d’un environnement saint. D’autres ont mis les grands moyens pour parcourir le bout du monde et les autres iront se pavaner sur les plages et profiter du cocktail baignade, bronzage, sable fin. Pas de doute, les vacances sont un excellent moyen de décompression et un très bon remède pour retrouver la force d’attaquer l’année à venir.
Pour ma part je reste à la maison. Non pas que mes aventures lors de mes dernières vacances relatées ici même m’ont fait prendre cette décision, mais simplement que des travaux de rénovations de mon cher intérieur ont englouti la totalité de mon budget vacance.
Avant l’été le printemps et c’est pendant les beaux jours d’avril que je décide de réaménager mon chez moi. Apres un grand débarras des vieillerie qui hantaient ma demeure et les travaux peinture /papier peint terminés, je constate qu’il manque la touche final, soit une décoration bien choisi qui, à défaut de vacance, me redonneront la pêche pour poursuivre cette année 2011.
A l’heure où j’écris ces lignes nous sommes en plein été, un été froid, pluvieux, maussade et triste, à l’image de la découverte que j’ai faite il y a quelques mois.
Revenons donc au printemps, je commence par faire le tour des boutiques pour trouver ce qui ira bien avec mon nouvel intérieur. Le choix est assez large est j’avoue être plus attiré par les objet de style ancien. Ainsi prospectant de boutique en boutique, la chance finit par me sourire. Je tombe sur une enseigne spécialisé sur les décorations à des prix plus que cassé. Et pour cause, ils ferment définitivement leurs portes dans quelques jours. Le magasin est sur deux étages avec des miroirs, des vases et poteries, toutes sortes de fontaine d’intérieurs et de bibelot à l’entrée et en bas se trouvent l’aspect utile soit le linge de maison et la vaisselle. Je fais une première razzia par l’utile et je ressors les bras chargé pour une poigné d’euros. Le temps de rentrer chez moi et commencer a trier tout ça je me rend compte qu’il est déjà tard et que le magasin est sûrement fermé. Pas grave je reviendrais demain pour le reste.
Quelle surprise de découvrir le lendemain après-midi la boutique quasiment vide. Seul des restes d’articles jonchent sur le sol et les étagères, on est bien loin de la quantité disponible il y a à peine douze heures. Le vendeur m’explique que de nombreuses personnes sont venu le matin dès l’ouverture et ont quasiment tout dévalisé. D’ailleurs, il est probable que le magasin ferme définitivement plus tôt, soit en fin de journée. J’aurais du le prévoir et je tente de me consoler avec ce que ces braves gens ont bien voulu me laisser. J’ai le privilège d’être leur dernier client et comme pour soulager ma tristesse, le vendeur me dit qu’on pourrait s’arranger pour la note. Pendant qu’il descend à l’étage en dessous, je tourne dans les maigres rayons en piochant ça et là des articles plus que bradé quand il me semble entendre un chuchotement d’enfant juste à coté de moi. Je tends l’oreille et, c’est comme un enfant qui se serait blessé et qui parle en pleurant. Je m’approche des étagères et remarque que l’espace est trop restreint pour qu’un enfant s’y cache, et puis le magasins étant vide c’est possible que ce soit l’écho d’un enfant au dehors. Avant de me relever je remarque un objet coincé entre les murs, couvert de poussière. Ma curiosité étant plus forte je tente de l’attraper quand le vendeur refait surface. « Vous avez perdu quelque chose ? » me demande t-il, ce qui est une manière élégante de me demander ce que je suis en train de faire. Pendant que je lui explique j’extrait l’objet en question, il s’agit d’une toile usée par le temps qui éveille même la curiosité du vendeur. A ma grande surprise celle-ci représente le portrait d’un enfant en train de pleurer. Mon instinct se réveilla, ça faisait longtemps.
Le vendeur s’empresse de me la prendre des mains et s’en va pianoter sur son ordinateur. Cette toile ne figure pas dans son stock, ça doit être quelque chose qui a été perdu depuis longtemps, peut être même bien avant l’ouverture du magasin car il ne se souvient pas avoir ce genre d’article dans ses rayons. Je vois le vendeur qui jette la toile près de lui et avant de poursuivre son travail, je lui présente mes articles. La toile est juste à ses pieds, je vais tenter une négociation. Je lui rappelle sa promesse de me faire un prix et vu le peu de choses que j’ai pris, je lui demande carrément de me céder le tableau. Il hésite un instant, mais je lui rappelle qu’il ne fait pas partie du stock donc impossible à mettre un prix dessus et de toute façon le magasin ferme, il a de grande chance de finir à la poubelle. Le vendeur saisit le tableau et le fixe un instant sans réagir puis il me dit « de toute façon, il me met mal à l’aise » et me le tend. Finalement, je pense avoir bien fait d’être venu le dernier.
De retour à la maison, je m’empresse de déposer mes achats sans même les regarder, ce qui m’intéresse c’est ce tableau couvert de poussière. J’attrape un chiffon doux et délicatement tente de lui rendre son éclat d’antan. Peut être suis-je en présence d’une pièce unique qui coûte une petite fortune ? C’est amusant comme l’appât du gain rode toujours dans notre esprit dans ce genre de situation.
Finalement je réussis ma mission et le tableau n’est pas abîmé, quelque soit le temps passé derrière son mur, il a été bien conservé.
Aucune date, peut être une signature. C’est un portrait d’un garçon de six ou sept ans, de face portant une veste noire et un t-shirt rouge. Ce ne sont pas des vêtements de notre époque mais peut être des années 50 ou 60. Il a une petite bouille et des cheveux châtains en bataille. De ses grands yeux clairs coulent des larmes qui glissent sur ses joues dans une expression remplie de tristesse.
Je n’avais jamais vu pareille toile auparavant. Je me mets alors à le fixer pendant un long moment, comme si j’attendais que cet enfant me raconte son histoire quand la sonnette me tire de ma rêverie. C’est ma voisine qui est venu voire où j’en était avec mes réaménagements. Je lui fais le tour du propriétaire et je lui montre ce que j’ai acheté, un avis féminin n’est pas négligeable. Mais je me rends compte que son regard ne cesse de se tourner vers le sol, là où j’ai posé ma toile. Sans tourner autour du pot je lui demande ce qu’elle en pense. Son regard est le même que celui du vendeur, entre fascination et répulsion, crainte et attrait, puis un sentiment d'étrangeté s'installe et le fait qu’elle dise exactement la même remarque que lui ne m’étonne guère. Pourquoi ce tableau met mal à l’aise tout le monde sauf moi ?
Un frisson brusque s’empare de tout son corps à tel point qu’elle lâche la toile au sol et s’en va presque aussitôt. « Tu devrais t’en débarrasser » me dit elle avant de retourner chez elle. Heureusement, la toile n’est pas abîmée mais je remarque une partie effritée tout en haut. En grattant légèrement de mon doigt j’aperçoit un dessin juste en dessous, d’un rouge vif. Je n’ose allé plus loin, pour le moment faut que j’identifie le créateur de cette toile et après quelques recherches et en déchiffrant le nom a moitié effacé, il s’agit de Giovanni Bragolin, alias Bruno Amadio. J’apprend avec stupéfaction que cet auteur aux pseudo multiples ait crée toute une série de tableau appelé « le garçon en pleurs » représentant des jeunes garçons ou filles les joues pleines de larmes. Je parcours les différents portraits quand je fus frappé par celui d’une petite fille, celui là je l’ai déjà vu quelque part. Mais où ? Je fais un agrandissement de l’image et m’empresse de l’imprimé, oui ce tableau me parle. Voila une énigme qui va me prendre toute mon attention tant que je ne l’aurais pas résolu.
Je prend une loupe pour en voir les détails et mis à part la signature de l’auteur je ne vois pas de date. En revanche sur la bas de l’image il semble qu’il figure une série de lettre que je fini par identifié comme étant un « h », puis un « A », un « r » un autre « a » puis un « s ». Cette suite ne me dit rien, j’en prends note quand une odeur retient mon attention. Une odeur des premiers jours, de bébé et leur odeur de lait. Pas de doute et c’est de plus en plus prenant, recouvrant toute ma maison. Ça me rappelle les jumeaux nés dans ma famille il y a quelques années et il est clair que je ne me trompe pas quand de senteur agréable, elle se transforme subitement en odeur de pourrissement qui m’agresse au plus profond de mes narines au point d’en avoir un haut le cœur. Je cours ouvrir la fenêtre et les odeurs disparaissent.
Dehors le temps est clair et chaud, je reste un moment ainsi, évasif pensant qu’il y a vraiment une énigme à éclaircir autour de ce tableau. Mon intuition « surnaturelle » est suffisamment aiguisée maintenant pour m’en rendre compte.
Je pose ma toile dans mon salon, il faut que je retrouve l’autre peinture, celle de la petite fille, peut être sont elles liés ? Ce n’est peut être pas un hasard si ses deux tableaux ont croisé mon chemin, j’en tiens déjà un il faut vraiment que je retrouve l’autre. J’essai de toute mes force de rassembler mes souvenirs, tenant l’imprimé dans ma mains et faisant les cents pas dans mon salon. Des souvenirs se rassemblent, je me rappelle d’un lieu plutôt sombre et abandonné, le tableau était là, mais j’en ai visité tellement de ce genre d’endroit, est ce qu’en épluchant mes notes je trouverais au moins un indice ? Je regarde le petit garçon en pleurs qui semble m’observer et à voix haute je lui dis de ne pas s’inquiéter, je la retrouverais. Je remarque une large tache rouge sur le bord gauche, la peinture s’est encore écaillée. Doucement j’égratigne la peinture jusque, a ma grande surprise, découvrir un autre dessin, d’abord une main ganté de rouge, puis un bras qui semble être celui d’une femme. Effectivement, au bout de plusieurs longues minutes c’est le dessin d’une femme élégante vêtu de noir et de rouge que je découvre. Qui est elle et surtout que fait elle là, elle ne semble pas avoir sa place dans cette toile. De plus en plus d’énigme dans le noir.
Je décide d’éplucher mes dossiers. Me revoilà assis dans mon bureau, l’ordinateur à porté de main et une pile de note et photos sous le bras. C’est de toute façon une bonne occasion pour reclasser tout ça. Je commence par faire trois pile, les affaires « résolus », celles terminé mais non résolus ou « en suspend » et enfin celle jamais approfondie, la plus grande des trois. Je décide d’éplucher celle là. Deux heures plus tard je m’attaque à une deuxième pile, la première n’a pas été fructueuse. Quelques minutes passent quand mon silence est dérangé par des bruits de pas. En temps normal je dirais que c’est mes voisins mais ceux-ci sont au travail et leurs enfants à l’école. J’entend ensuite comme un objet tombé de ma cuisine, je me lève d’un bond et vais voire avec prudence. Sur place je trouve un de mes meuble haut grand ouvert, l’intérieur a été fouillé, plus particulièrement la boite où je range des sucreries. Le plus surprenant est cette chaise mise sous le placard pour pouvoir l’atteindre, comme l’aurais fait un enfant. En remettant la chaise en place je trouve une petite chaussure qui au dernière nouvelles, ne m’appartient pas. Instinctivement je jette un regard accusateur sur la toile comme on le fait avec un enfant qui aurait fait une bêtise et joue l’innocent. Je prends tout ça en photo, en esperement vivement qu’elles finiront sur la première pile.
Non seulement je trouve ce que je cherche là où je m’y attendais le moins soit dans mes affaires « résolus », mais en plus il s’agit d’une de mes premières affaires, dans une maison où je faisais des expériences de transcommunication instrumentale. Je me souviens l’avoir quitté pour une autre car je n’arrivais pas à capter un seul son. Ma première maison, là où tout a commencer. Je retrouve l’adresse et m’empresse d’y aller faire un saut, en espérant qu’elle soit toujours debout.
Je suis sur place, non seulement elle est toujours debout, mais elle est rénové et donc habité. Dune façon ou d’une autre va falloir que j’entre alors le mieux c’est d’y aller au culot, ce n’est pas la première fois. Je sonne quand une femme brune m’ouvre la porte à demi. Je ne sais pas pourquoi mais je reste muet un instant avant de retrouver mes moyens. Je me présente comme collectionneur et raconte que je suis à la recherche d’un tableau qui appartenait aux ancien propriétaire et qui se trouvait encore ici même, lorsque la maison était inhabité.
La jeune femme me dit qu’elle n’est pas au courant et je doute qu’elle me laisse entrer, ce que je comprends parfaitement. Je lui tend alors l’imprimé de la jeune fille en pleur et son regard change du tout au tout. « C’est celui là » murmure t elle. Pris d’enthousiasme je lui propose même de lui racheter s’il le faut, après tout ce tableau lui appartient maintenant. Contre toute attente elle me permet d’entrer. J’ai du mal a reconnaître les lieux tant tout a été si bien refait, si joliment décoré. Je devrais lui demander conseil pour mon appartement mais je crois que je vais m’abstiendre. Elle me dit qu’effectivement ce tableau était dans la chambre du haut quand elle est arrivée, qu’au début elle le trouvait fascinant mais qu’au fil du temps cette toile la rendait mélancolique. C’est comme si la solitude et la tristesse de cette fillette débordaient de son cadre pour envahir la maison, cela devenait obsessionnel. Jusqu’à ce que son mari décide de le mettre à la poubelle.
Un instant je cru que cette affaire va finir sur la mauvaise pile. Le jeune femme monte à l’étage et me dit qu’elle reviens tout de suite, je jette un œil discret à la chambre du haut et je reconnu les lieux. Dire qu’il y a quelques années j’étais là-haut avec mon dictaphone en train d’essayer d’entrer en contacte avec des esprits. Jeune et impatient que j’étais je suis partit peut être trop vite.
La jeune femme redescend, un cadre enveloppé à la main, je sens aussitôt que c’est elle. Cette toile est plus grande que celle du petit garçon et représente bien la fillette blonde remplie de tristesse.
« Je ne pouvais la laisser dehors, aux ordures » reprit la jeune femme. « C’est comme si j’abandonnais un enfant ».
Alors elle l’a reprit en cachette pour la mettre en lieu sur. Je la rassure en disant que cette toile va enfin retrouver sa place, auprès des siens plaisantais-je.
Qu’elle ne fut pas ma surprise de voir les yeux de mon interlocutrice s’embuée et rougir.
Je reste confus. Je lui propose de la garder si vraiment elle tien à son tableau mais elle refuse catégoriquement et s’excuse de son comportement dans un sourire forcé. Je sens qu’elle veut me dire quelque chose avant que je parte comme pour boucler la boucle, alors je pose la toile a terre et lui prend les mains, je sens qu’elle tremble. La jeune femme souris encore et me raconte qu’avant de se marier elle tomba enceinte. Heureuse comme tout elle l’annonça à son fiancé qui ne se sentait pas prêt d’avoir un enfant et finit par la convaincre d’avorter. Avec le temps elle pensa s’en remettre et aller de l’avant mais à la vue de ce tableau elle ne cessa de penser à Sarah, c’est comme ça qu’elle désirait appeler sa fille. Elle pensait fortement que ce portrait représentait sa fille « qu’on avait pas pleuré » et fit un transfert de tout ses remords sur elle, sur cette fillette rendu triste parce qu’on lui a pas laissé la chance de vivre.
C’est avec beaucoup d’émotion que je rentre chez moi. Il est tard et il ne va pas tarder à faire nuit. La faim commence a me tenailler mais avant de me rassasier je réuni enfin les deux tableau, l’un prés de l’autre, en attendant de les accrocher sur l’un de mes murs.
En pleine nuit je suis réveillé par des grattements, comme si une souris ou pire, un rat est présent. Puis j’entends des reniflements comme une personne qui pleure en silence. Je prend mon appareil photo et en m’aidant de la lumière du téléphone portable je vais jusque dans le salon. Je ne fais pas de bruit et tend l’oreille. J’entends à nouveau cette respiration qui provient bien des deux tableaux. Je m’approche, elles n’ont pas bougé de place. L’imposant tableau de la fillette semble me fixer, a eux deux on dirait la grande sœur et le petit frère.
En regardant de plus près je vois la fameuse suite de lettre dans le bon ordre cette fois. En effet l’image de mon imprimé était inversée et je n’avais pas percuté qu’elles désignaient le prénom de la petite fille soit Sarah. Comme l’enfant jamais venu au monde, est ce une coïncidence ? Sur l’autre toile, si la femme en rouge est toujours là, un autre personnage est apparu. Sur le bord droit, un peu plus bas figure l’image de la mort.
Qu’est ce que tôt cela veut vouloir dire ? Je m’éloigne pour prendre des photos et à partir de là, je ne sais plus vraiment ce qui s’est passé.
Je me souviens d’être assaillis par une série de flash, comme si mon appareil ne répondait plus. Puis je fus pris de vertige et de bouffé de chaleur, complètement aveuglé par cette lumière blanche vive et intense qui illuminait tout mon salon. Puis vint d’autres couleurs accompagnées par des voix d’enfants, comme dans une cour de recréation, mêlé de pleurs, de rires, et d’allégresse. A un moment il me semble que je tombe, puis dans un dernier regard je crois apercevoir cette femme en rouge qui se promenait au milieu de toutes ces lumières. Elle me regarde, son visage semble si doux, comme si elle me remerciait de quelque chose. Puis plus rien. Quand j’ouvre à nouveaux les yeux je suis allongé sur le tapis du salon, il fait presque jour. Je me redresse difficilement, mes tableaux sont à leur place, sauf que la femme en rouge et la figure de mort ont disparu.
Je possède toujours ces deux tableaux, je leur ai fait une belle place dans mon appartement.
Pendant longtemps j’ai réfléchis à tout ceci, à cette collection de tableau même. ? Est-ce l’accumulation d’âme, d’aura ou d’énergie des enfants avorté depuis la nuit des temps qui se serait accumulé dans un endroit précis et qui s’est manifesté a moi la nuit dernière ? Et si l’auteur avait vu la même chose que moi Tous ces tableaux représenterais peut être une part de ces « âmes » et c’est peut être une manière de les adopter que de les figer ainsi par la peinture et ainsi les soulager de leur grande peine, eux, ceux qu’on a pas pleuré.
Stan
